Principaux sites en Amérique centrale

Date de mise à jour : 16 avril 2013

Turrialba au Costa Rica

Le projet SAFSE s'appuie sur la plateforme Coffee-Flux.

Llano Bonito au Costa Rica 

(1180 à 2120 masl, température moyenne 18.3 °C à 1490 masl, pluviométrie annuelle autour de 2500 mm, saison sèche très marquée), Llano Bonito est une zone de production relativement ancienne de café, avec une récente tendance à l’intensification. Le café arabica est largement dominant dans le paysage, et de très bonne réputation liée à sa situation de production en altitude. Le caféier est planté sur de fortes pentes, jusqu’à 80%, avec des érosions importantes. La récente construction d’un barrage hydroélectrique juste en aval du BV (Pirrís, 125 MW) et l’identification de ce petit BV (25 km2) comme une des principales menaces pour la durée de vie de ce barrage ont focalisé les pressions sur ce BV. Le café y est cultivé souvent en association avec le bananier et différents arbres d’ombrage, principalement l’érythrine. La problématique de l’ombrage dans ce système est très liée à l’érosion et au contrôle des ravageurs. Au Costa Rica, la pression environnementaliste est forte, mais la pression économique l’est aussi. Les paiements pour services environnementaux (PSE) fleurissent, plus ou moins adaptés et efficaces.

Acquis 

Sur ce terrain, nous avons déjà des connaissances et des investissements avec les thèses en cours de Louise Meylan (caractérisation des pratiques, modélisation de l’effet de changements de pratiques) ; de Mario Villatoro (caractérisation et modélisation de l’effet de pratiques sur l’érosion à diverses échelles); de Sanjeeb Bhattarai (options de gestion des BV et outils de négociation avec les acteurs). Ces deux dernières thèses débutent en 2012, même si les dispositifs de suivi de l’érosion à la parcelle sont installés depuis plus d’un an.

El Cuá au Nicaragua 

(500 à 1200 masl, température moyenne annuelle 21.9 °C, pluviométrie annuelle 1834 mm monomodale, avec une saison sèche marquée de décembre á mai), la commune (municipio) de El Cuá est située dans la Réserve de la Biosphère de Bosawas, au cœur du Corridor Biologique Mésoaméricain, menacée par la déforestation. L’une des six zones « cœur » de Bosawas, la Réserve Naturelle du Massif de Peñas Blancas, se situe à cheval sur la commune de El Cuá (dont le reste du territoire municipal est en zone d’amortissement de la Réserve) et deux autres communes (La Dalia et Rancho Grande). Cette situation complique le contexte institutionnel et les défis de gestion des ressources naturelles.

En termes de zonage agro-écologique, El Cuá peut se diviser en trois grandes zones : (i) une zone en altitude (+1,200 m) essentiellement protégée (présence importante de forêts rémanentes) mais dans laquelle on trouve des exploitations caféières de grande taille (le plus souvent en monoculture de plein soleil) ; (ii) une zone de moyenne altitude au piedmont du Massif (900-1,200 m) où se côtoient des exploitations diversifiées (SAF à base café, élevage bovin extensif, systèmes de cultures vivriers, maraîchage) de structures différentes (haciendas managériales, exploitations patronales de taille moyenne, petites exploitations familiales) ; (iii) une zone de plus basse altitude (moins de 800-900 m) où la présence de l’élevage bovin se renforce au détriment des systèmes caféiers. Dans toute la commune, qui est paradoxalement relativement riche en termes de production de valeur ajoutée municipale en raison de la culture du café mais aussi particulièrement inégale, la production de café domine les systèmes d’activités et de revenus des familles : la crise des prix du café au début des années 2000 a provoqué dans cette commune une recrudescence de la pauvreté, touchant y compris les sans terre, cueilleurs de café, dont la survie dépend de cette culture. La gamme de structures des SAF caféiers à El Cuá est plus large qu’à Llano Bonito : depuis des systèmes à deux espèces (caféier/érythrine) où plus souvent trois espèces (caféier/érythrine/bananier) à des agroforêts. C’est une zone de colonisation agricole relativement récente (1940) qui a été largement affectée par la guerre civile pendant les années 1980. Le principal enjeu environnemental est la connectivité des paysages arborés dans cette partie du corridor mésoaméricain. Les autres enjeux sont institutionnels (gestion durable de la réserve impliquant la plupart des acteurs sociaux du territoire), sociaux (inégalités, participation aux processus institutionnels et politiques locaux) et économiques (pauvreté) dans cette commune relativement enclavée.

Acquis

Le programme MAP du CATIE intervient á El Cuá qui est l’un de ses « territoires prioritaires » et fournit de l’assistance technique portant sur les pratiques agricoles et sur le renforcement des capacités institutionnelles locales.

Des études agronomiques et environnementales ont été menées dans le cadre du projet CAFNET : description des SAF existants, des pratiques de production de café, caractérisation des trade-offs entre productivité du café et de la banane, ressource importante des SAF), caractérisation de l’ensemble des services environnementaux estimés au moyen d’indicateurs simple (méthode ANACAFE), étude des connaissances locales des agriculteurs sur les arbres et leur contribution aux services écosystémiques (méthodologie AKT, thèse de Carlos Cerdán), évolution de l’usage des sols par enquêtes auprès des agriculteurs ; étude de volonté à produire des services environnementaux de la part des producteurs de café (thèse de Aske Bonneman).

D’autres études socio-économiques ont été conduites, en particulier pour analyser le processus d’élaboration du Plan de Gestion de la Réserve (travaux de Nitlapán dans le cadre du Projet Développement Territorial Rural du RIMISP) et les modes de gouvernance environnementale territoriale au niveau de la Commission Environnementale Municipale de El Cuá (Master de Antoine Baratier).

Date de mise à jour : 16 avril 2013

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